17 juin 2008

Economie sociale : 2008 en lumière

c2a63df16c3820a6b954895332909616.jpgLe groupe des élus Verts au conseil régional de Bourgogne vient de sortir son bulletin d'information. Vous pouvez le consulter en version numérisée sur le site de notre groupe ou demander à recevoir une version papier en écrivant ici. Je reviens dans ce dernier numéro sur les points importants qui concernent l'Economie sociale et solidaire en cette année 2008. Voici l'entretien qui a été réalisé.


Entretien avec Philippe Hervieu, élu Vert, vice président de la Région en charge de l’économie sociale et solidaire et de l’insertion.

Comment a démarré l’année pour l’économie sociale et solidaire au Conseil régional ?
Philippe HERVIEU : un nouveau comité de pilotage annuel a eu lieu en janvier, comme c’est désormais la coutume depuis 2005. Toutes les familles de l’ESS en Bourgogne sont représentées (associations, coopératives, mutuelles…) mais aussi toutes les « filières » : insertion, commerce équitable, bio, finance solidaire, banques sociales…. Cette année, une centaine de personnes avait répondu à mon invitation.

Qu’est ce qui fait la particularité de ces réunions que vous avez initiées à la Région ?
PH : C’est, je crois, un exemple unique au Conseil régional : d’un commun accord, les acteurs du secteur de l’ESS et moi-même définissons ensemble les axes de travail et d’actions pour l’année à venir. J’ai tenu à appliquer de façon concrète le concept de démocratie participative, dans le but d’élaborer des politiques publiques… Et ça marche ! Beaucoup des participants se sentent d’avantage impliqués. Ce système de gouvernance partagée offre une légitimité plus forte aux décisions qui seront prises.

Quelles sont les axes de travail pour 2008 ?
PH : Six ateliers ont été institués, ouverts à tous. Le premier planche sur la consommation citoyenne. Il devrait déboucher sur des événements d’envergure coordonnés sur les quatre départements, dont la Quinzaine du commerce équitable. Les questions de la promotion et de la communication sont abordées dans un autre atelier. L’an dernier, la semaine de l’ESS, ponctuée par un « finale » au Zénith de Dijon, a été un succès. Nous réorganiserons de nouveau ce temps fort, courant octobre. Un atelier s’est attelé à la question de la formation à l’ESS ainsi qu’à ses métiers. Les participants et moi-même voulons que la Bourgogne puisse bénéficier de formations qualifiantes, spécifiques au secteur.

Et quelles nouveautés ?
PH : La mise en place d’un dispositif régional facilitant la reprise d’entreprises sous forme collective. C’est une opportunité pour que l’ESS montre l’efficacité de ses modèles de gestion. Nous savons que beaucoup de sociétés seront à céder dans les années à venir. Si rien ne change, beaucoup d’entre elles ne trouverons pas d’acquéreurs. La reprise sous forme collective est un moyen insuffisamment exploré et promu. Un autre atelier se consacre aux finances solidaires. Plusieurs projets sont en discussion qui vont de la mise en place d’un baromètre de la finance solidaire en Bourgogne jusqu’à la création d’une offre de placement solidaire en lien avec les banques de l’économie sociale de la Région.

Autre innovation : l’élaboration d’indicateurs alternatifs du développement économique…
PH : Oui, cela fait l’objet d’une réflexion à part entière. Lorsque notre Assemblée avait approuvé le schéma régional de développement économique, j’avais insisté sur le fait que le sempiternel produit intérieur brut mesurait de moins en moins le bien être de nos concitoyens alors qu’il était encore utilisé comme le principal critère de performance. A quoi mesure-t-on ce qui fait la richesse d’un territoire ? Doit-on continuer à ne prendre en compte que le volume de ses échanges économiques ? Tous les échanges doivent ils être pris en compte ? Il est évident que d’autres données doivent être intégrées : l’empreinte écologique des activités, l’accès à l’emploi et à la formation, l’égalité des chances (Hommes/femmes et personnes issues de l’immigration), l’égalité salariale, la discrimination à l’embauche…Les impacts négatifs d’une croissance débridée, qu’ils soient sociaux, environnementaux, ou sur la santé des populations, ne sont mesurés nulle part. Il est temps de mettre en place un produit intérieur brut VERT.

20 novembre 2007

L'ESS en quelques mots

L'ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE, encore ...
Plus qu'un long discours, cette définition me semble tout à fait représentative des valeurs portées par l'économie sociale et solidaire.
BIEN-ETRE SOCIAL : « être plutôt qu’avoir »… primauté de la personne sur le capital ; DEMOCRATIE : « chacun à une voix qui compte »…partage égalitaire de l’information et de la prise de décision au sein de l’entreprise ; ECOLOGIE : « produire pour vivre et non vivre pour produire »… une économie qui respecte l’environnement, dans le souci des sociétés présentes et futures ; SOLIDARITE : « 1+1 > 2 »… recherche de l’intérêt collectif et création de lien social… ; DIVERSITE : « riche de nos différences »… refus des discriminations et valorisation de la complémentarité...
Je vous invite à consulter ce site, d'où ce texte est tiré : www.apres-ge.ch

29 mai 2007

BOURGOGNE : L'ESS A SON GUIDE

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ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE, la suite...
Un de mes engagements en faveur de l'économie sociale et solidaire (ESS) dont François PATRIAT, président de Région, m'avait confié la vice présidence en 2004, a été de faire (re)connaître ce secteur, non seulement auprès des collectivités locales mais aussi, auprès du grand public.
Dans le cadre des liens tissés entre le Conseil régional et la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire (la CRESS) , une des grandes réussites aura été, à mes yeux, la publication d'un ouvrage publié fin 2006 : "l'Economie sociale et solidaire en Bourgogne".
Première en France !
Rédigé sous la houlette d'Alternatives Economiques, avec l'appui de l'excellent Pascal CANFIN à la rédaction en chef, ce guide pratique dresse un état des lieux complet du secteur pour la Bourgogne.
Définitions, conseils, bonnes adresses, enquêtes et interviews : le guide a souhaité répondre concrètement à toutes les questions qui peuvent se poser en la matière. Bonne nouvelle : le guide est gratuit, disponible auprès de la CRESS et des partenaires ! il peut également être téléchargé depuis le site de la CRESS Bourgogne.

Ref : L'Economie sociale et solidaire en Bourgogne, Alternatives Economiques, Hors-série pratiques, N°24 Bis, octobre 2006
En savoir + :
le site de la CRESS Bourgogne
le site du conseil régional de Bourgogne
le site d'Alternatives Economiques

17 mai 2007

L'ESS EN BOURGOGNE : ça marche !

VICE PRESIDENT AU CONSEIL REGIONAL DE BOURGOGNE, depuis 2004, j'ai eu la chance de conduire les politiques de la collectivité en matière d'insertion et d'Economie sociale et solidaire.

medium_ESS.JPEGAppelée communément ESS, l’Economie sociale et solidaire se composée de trois familles : les associations, les mutuelles et les coopératives. Toutes partagent un ensemble de valeurs qui sont l’exercice démocratique du pouvoir et le partage équitable des bénéfices.

L’ESS se développe souvent là ou l’économie marchande ne va pas, puisqu’il n’y a pas de « profits » à réaliser. Du coup, on l’identifie à ces secteurs où elle se rend visible : ceux de l’insertion, de l’aide à la personne… De là à la considérer comme "l’économie des pauvres", à une sorte de « Samu social » qui viendrait panser les plaies causées par l’économie marchande, il n'y a qu'un pas... que beaucoup préfèrent franchir !
Mais...
L'INSEE a mené une étude très intéressante sur la place de l'ESS en Bourgogne, parue en 2004 ( Ref :INSEE - Dossier N°40, oct 2004). Les chiffres sont éloquents... Ils affirment la place prépondérante du secteur dans l'économie régionale et ses performances sur le terrain de la concurrence.

Saviez-vous que près de 90 000 personnes sont employées chez nous grâce à l'ESS ? C'est 11% de la population active régionale.

Saviez-vous que 13% des établissements économiques de la région relèvent de l'ESS ?

Et le taux de croissance du secteur ? Pas moins de 5% par an en Bourgogne pour la création d'entreprise... contre 1,5% dans l'économie "conventionnelle".

En Bourgogne, plus de 30 % du secteur de l’imprimerie, comme de la métallurgie, est occupé par des coopératives. D’ailleurs, une des entreprises les plus rentables de France, saluée dans Les Echos, est une société coopérative de production (SCOP) : l’imprimerie Laballery, basée à Clamecy, dans la Nièvre.

Je pointerai aussi deux atouts majeurs de l’ ESS.
Intimement liées à leur territoire, ces entreprises ne délocalisent pas !
Ayant plusieurs « actionnaires » elles ne posent aucun problème de succession ! Ce n’est pas rien car un des problèmes économiques majeurs que va rencontrer la Bourgogne est celui des transmissions d’entreprises.
Les entreprises de l'ESS sont toujours soucieuses de leur utilité sociale : elles sont au service de l’homme et non l’inverse. Voilà une économie que je contribuerai à développer. Un sujet que je prendrai plaisir à mieux faire connaître.